Monitor, analyze and anticipate energy dynamics for a sustainable future.

Latest articles

RD Congo : la rupture d’un barrage minier chinois provoque une catastrophe écologique à Lubumbashi

 

La République démocratique du Congo a suspendu les opérations d’une mine de cuivre et de cobalt appartenant au groupe chinois Congo Dongfang International Mining (CDM) après l’effondrement spectaculaire d’un barrage de rétention. L’incident a libéré plusieurs millions de mètres cubes d'électrolytes, c’est-à-dire des eaux hautement contaminées issues des procédés métallurgiques, qui se sont déversées dans la ville de Lubumbashi, capitale économique du Haut-Katanga.

 

                                                            

 

Selon les premières évaluations, la vague toxique a inondé des centaines d’habitations, submergeant quartiers, routes et infrastructures, et forçant des milliers de résidents à fuir dans cette agglomération d’environ trois millions d’habitants. Les autorités craignent une contamination durable des rivières locales, notamment la rivière Lubumbashi, qui traverse le centre urbain.

 

Durant la période de suspension, qui peut être prolongée, la société chinoise est tenue de continuer à verser l'intégralité du salaire de tous les employés du site, a déclaré le ministre des mines, Louis Watum Kabamba. CDM doit également réparer les dommages environnementaux, indemniser les riverains touchés et payer les amendes prévues par le Code minier et la réglementation applicable.

 

Le ministre Watum qui s'est rendu en urgence à Lubumbashi dans la nuit du 5 au 6 novembre pour évaluer la situation, avait été informé une fois sur place par les responsables de CDM que la fuite aurait été dûe à la chute d'une pierre qui, selon eux, aurait endommagé le revêtement imperméable du bassin et provoqué le rejet toxique.

 

Cette explication n'a pas convaincu le ministre, qui a publié sur son compte X (anciennement Twitter) que le bassin de rejet de l'entreprise « ne respecte aucune norme environnementale, étant dépourvu de revêtement imperméable, de stabilité structurelle, de mécanismes de contrôle et de plan d'urgence ».

 

 

                                                          

 

Des experts environnementaux alertent : la présence potentielle de métaux lourds — dont le plomb, l’arsenic, le cadmium et le cuivre dissous — pourrait affecter les sources d’eau potable, les sols agricoles, la biodiversité aquatique et les chaînes alimentaires humaines. Ces contaminants sont notoirement associés à des cancers, malformations congénitales, neuropathies, insuffisances rénales et pollutions durables des écosystèmes.

 

 

 

Cet accident fait écho à un précédent drame survenu plus tôt dans l’année en Zambie, où un autre barrage de résidus appartenant à une société chinoise s’était également effondré, relâchant des boues toxiques dans le fleuve Kafue. La répétition de ces incidents dans le Copperbelt, région stratégique pour la production mondiale de cuivre et de cobalt, soulève de graves interrogations sur la qualité des infrastructures de stockage des résidus miniers, le niveau de supervision des compagnies étrangères, la faiblesse des contrôles gouvernementaux en matière de sécurité industrielle et de protection environnementale, et la dépendance économique croissante des États de la région vis-à-vis des investisseurs miniers.

 

                                                               

                                             Image de l'effondrement du barrage de résisdus miniers de Sino Mines en Zambie (Fevrier 2025) 
 

Les spécialistes craignent que la pollution ne se déplace en aval, affectant progressivement les rivières, les nappes phréatiques et les zones agricoles, avec un impact écologique estimé sur plusieurs décennies. L’incident remet également en lumière les risques associés à la production mondiale de minerais stratégiques — notamment le cobalt — au cœur de la transition énergétique, des batteries électriques et des technologies numériques.

 

Pour les habitants de Lubumbashi, le danger est immédiat : consommation d’eaux contaminées, exposition cutanée aux métaux lourds, destruction des habitats, perte de moyens de subsistance et hausse probable des maladies d’origine hydrique et toxique. Les organisations locales demandent une enquête indépendante, la publication des résultats de l’analyse chimique des résidus, et un plan d’assainissement financé par l’entreprise responsable.

 

 

                                                           

 

 

Ce n'est pas le premier incident impliquant CDM. En 2022, des riverains avaient déjà accusé l'entreprise de déverser des eaux polluées dans les égouts et de libérer des fumées toxiques provenant de ses activités.

 

Cette énième catastrophe pose une question centrale : comment concilier exploitation minière stratégique et sécurité environnementale dans une région devenue essentielle à l’économie mondiale ?

Comprehensive professional solution

Onergies is an independent player committed to responsible use of natural resources, grounded in science, data and ethics.
Our mission is to promote transparency, sustainable governance and applied research in the energy, mining and environmental sectors in Africa.
At the crossroads between consulting firm, scientific observatory and specialized media, Onergies analyzes, informs and supports public and private decision-makers toward a fair and sustainable energy transition.

Research

We produce and share reliable analyses on energy, mining and the environment to inform decisions through data, science and transparency.

Consulting

We support companies, institutions and local authorities in ESG strategy, sustainable energy and environmental governance.

Solutions

From audit to deployment, we design practical, sustainable solutions to reduce environmental impact and improve performance.

Partners

Company
Company
Company
Company